Apparences: personnages (en)quête de vérité

 Apparences: personnages (en)quête de vérité

Je me souviens du choc de ma première rencontre avec l'univers de l'auteur Serge Boucher. C'était sa pièce 24 poses (portraits), au Théâtre d'aujourd'hui, il y a une dizaine d'années. Déjà, à l'époque, les non-dits, les trop-dits et les noeuds familiaux à détricoter renvoyaient le spectateur à ses propres relations familiales, avec tout ce que ça impliquait de malaises et de réflexions douloureuses. Une sorte de Petite vie mais en vrai, en drame, sans l'absurde et la dérision. Les vraies affaires…

Avec Aveux, Serge Boucher a ajouté de la profondeur dans un petit écran sombrant trop souvent dans le besoin de tout montrer, de tout expliquer. Avec lui, on est dans l'intériorité des personnages, qui ne se révèlent qu'après de longs efforts, à force de cumuler les détails qui, un à un, finissent par construire le casse-tête de leur vie et de leurs relations avec les autres.


 Apparences: personnages (en)quête de véritéOn est dans les mêmes eaux avec Apparences, dont on a projeté les deux premiers épisodes mercredi, dans une salle de Radio-Canada, remplie des artisans et acteurs de la série, mais aussi devant beaucoup de médias curieux de voir enfin de près l'oeuvre qui sera diffusée les mardis, à 20h, dès le 10 janvier. 
Avec Apparences, réalisée par Francis Leclerc, le suspense autour du déroulement de l'enquête sur la disparition d'une des jumelles Bérubé (Geneviève Brouillette et Myriam LeBlanc), le jour de leur 40e anniversaire, n'est en fait qu'un prétexte, qu'une accroche dramatique pour nous plonger plus profondément dans la véritable enquête de la série; celle des personnages qui livreront un à un leurs secrets d'une normalité plus inquiétante que toutes intrigues superficielles que l'on nous sert habituellement. Une normalité inquiétante, parce que tellement proche de nos vies, de notre quête identitaire, de nos liens familiaux et communautaires.


 Apparences: personnages (en)quête de véritéMoins dans la tension et davantage dans le réalisme qu'
Aveux, Apparences bénéficie de la même écriture lucide et agile de Serge Boucher, une écriture qui évite le tape-à-l'oeil, et qui a trouvé dans la vision cinématographique et sans artifice du réalisateur Francis Leclerc, une parfaite adéquation. Voilà une rencontre créative qui devait arriver. Outre Geneviève Brouillette et Myriam Leblanc (au jeu tout en vérité et en retenue), le reste de la distribution (Daniel Parent, Alexis Martin, Nicole LeblancBenoît Gouin, Vincent-Guillaume Otis, Monique Spaziani, Louise Cardinal, Alex Bisping et Jean-François Beaupré), trouve dans Apparences un territoire dramatique fertile et fait preuve d'une justesse rare dès le premier épisode. 

Pour Geneviève Brouillette, l'expérience du tournage d'Apparences a, étonnamment, été l'une des plus agréables de sa carrière malgré l'intensité des scènes qu'elle avait à jouer: 

 

 

Pour le réalisateur Francis Leclerc, Apparences est d'abord un drame familial avant d'être un thriller:

 

De son côté, Alexis Martin a trouvé, dans le personnage de Gaétan Bérubé, un maniaco-dépressif toxicomane, un défi à la hauteur de son talent:

 


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