Palmarès de l’audience sociale de la télévision au Québec: beaucoup de bruit pour peu?

 Palmarès de laudience sociale de la télévision au Québec: beaucoup de bruit pour peu?
Depuis l'avènement des réseaux sociaux, les consultants et experts de toutes sortes tentent, tant bien que mal, de chiffrer, de mesurer, de monétiser la valeur de cette actitivité en ligne. Après tout, il faut bien que les compagnies, corporations et autres organismes justifient d'y investir temps et argent. Ils ont besoin de générer un retour sur investissement, de démontrer qu'il y a un intérêt, financier, de fidélisation ou, à tout le moins, de prestige.

Le domaine télévisuel est l'un de ceux qui ont connu l'effervescence la plus intense sur les réseaux sociaux avec la passion que soulève cette vieille manie que l'on a à vouloir discuter télé entre nous dès qu'il y a un silence dans une conversation. Les pages Facebook d'émissions de télé et le twivage (c'est le mot qui s'est imposé pour décrire les discussions en direct sur Twitter autour des émissions de télé) sont devenus les nouvelles agoras du bavardage télévisuel. Si certains producteurs et télédiffuseurs ont emboité le pas rapidement, d'autres se font toujours tirer l'oreille, se demandant s’il vaut la peine d'investir dans l'embauche d'un «animateur de communauté» pour parler à «une douzaine de tweeteux»…

La compagnie québécoise Seevibes publie donc aujourd’hui le 1er palmarès de l’audience des émissions de télévision francophones au Canada basé sur le niveau d’engagement social des téléspectateurs. (voir plus bas)

Les 30 premières émissions du palmarès sont classées sur une échelle de 0 à 100 — basée sur une série de six indices d'analyse du contenu et du profil de l'audience des émissions de télévision sur les médias sociaux.

En tout, 260 millions d’interactions sociales ont été récupérées, filtrées et analysées par Seevibes. Ce sont exclusivement des données publiques en provenance de Twitter et Facebook étudiées du 5 septembre au 18 décembre 2011 pour le marché de la télévision francophone au Canada. Durant cette période, plus de 200 000 personnes uniques se sont engagées autour d’une ou plusieurs émissions de télévision, avec une large majorité de femmes — 73 %. 

Est-ce que 200 000 personnes actives, à plus ou moins d'intensité, justifient l'importance et l'énergie que l'on accorde à leurs opinions et commentaires? Je serais curieux de compiler les montants investis par les producteurs et diffuseurs télé pour animer et alimenter ces 200 000 personnes. On se retrouverait probablement avec un coût par tête de pipe étonnant…

Mais ce qui m'a étonné le plus dans ce palmarès, c'est la domination de TVA Nouvelles. En effet, vu le «bruit» généré sur les réseaux sociaux (et relayer par les médias) par des émissions comme Tout le monde en parle, Occupation double ou Un souper presque parfait, il est surprenant qu'ils se voient coiffer à la ligne d'arrivée par une émission d'information, surtout active sur le plan conversationnel via sa page Facebook aimée par plus de 60 000 personnes, mais ne générant que relativement peu de passion sur Twitter, si on la compare avec Tout le monde en parle, par exemple. Et soulignons la chaine V qui se classe devant TVA et Radio-Canada malgré des cotes d'écoute «traditionnelles» beaucoup moins importantes. Et la quasi absence de Télé-Québec (hormis Bazzo.tv) et des autres chaines spécialisées.

Pour Laurent Maisonnave, fondateur de Seevibes, «les indices utilisés (fréquences, niveau de réaction, niveau de réponses) permettent d'aller au-delà du chiffre brut représenté par le nombre de personnes ou le nombre de messages. Les métriques développées par Seevibes prennent en compte de manière beaucoup plus large le niveau d'engagement social de l'audience en analysant leur comportement. C'est ce qui explique que des émissions plus confidentielles en nombre de téléspectateurs — comme C'est juste de la TV ou M. Net, se retrouvent assez bien classées. Ce qui est important est que la même méthodologie est utilisée pour comparer toutes les émissions.»

Finalement, mon oeil a été attiré par le graphique des interactions totales. On y note une baisse importante et constante des interactions en décembre. Conséquence normale d'une fin de saison ou tendance à la baisse de l'engouement pour l'interaction? Remarquez, l'étude se termine le 18 décembre, l'ouragan de tweets et de commentaires Facebook généré par le Bye Bye 2011 n'y est donc pas pris en compte. Une chose est sûre, Seevibes vient de se positionner dans une niche fort prometteuse: les BBM de la TV sociale!… 


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